🟠 [Chronique] Sortilège – Larmes des Héros (2026) par Harrag Melodica. 🟠  

4.7
(91)

SORTILÈGE 

LARMES DES HÉROS

« Plongé dans l’obscurité, depuis tant d’années »

Il y a des albums que l’on connaît par cœur et quand bien même de les voir revenir sous une autre forme.

Larmes de Héros, sorti en 1986, fait partie de ces 33 tours. 

Pour beaucoup d’entre nous, il représente une époque particulière de Sortilège, avec son identité, ses mélodies, son côté plus progressif et cette manière de nous faire voyager dans des aventures antiques.

« Un jour quelqu’un est entré. » 

Cette fois, l’album revient sous le nom de Larmes des Héros.

Et ce simple changement m’a immédiatement interpellé.

En 1986, il y avait Larmes de Héros.

En 2026, il y a Larmes des Héros.

Comme si, finalement, avec le temps, il n’y avait plus un seul héros derrière cette histoire. 

Il y a eu plusieurs combats, plusieurs époques, plusieurs vies et plusieurs générations qui ont porté Sortilège.

Et surtout, il y a désormais une rencontre fascinante :

le Zouille d’hier face au Zouille d’aujourd’hui.

« Je n’ai pas le pouvoir de changer les mentalités »

Je vais être honnête, lors de mes premières écoutes de cette version 2026, j’ai perdu quelques repères.

Durant l’interview dans 213Rock, Christian « Zouille » Augustin m’a répondu que c’est précisément là que commence tout l’intérêt de cet album.

J’avais en tête ma K7 TDK de 1986, son écoute matinale dans les transports en commun, pour se rendre au lycée, ses arrangements, ses atmosphères, ses textes, cette identité vocale très particulière qui appartenait à son époque.

Puis arrivent ces nouvelles versions.

Les morceaux sont les mêmes, mais la narration musicale ne raconte plus exactement l’histoire de la même manière.

Le premier changement qui saute aux oreilles, ce sont les guitares.

Elles prennent une place considérable. 

Elles sont plus présentes, plus épaisses, plus travaillées. 

Là où l’album de 1986 pouvait parfois laisser davantage respirer certaines constructions, cette version 2026 vient clairement chercher quelque chose de plus frontal.

Le Zouille d’aujourd’hui est-il finalement plus Heavy Metal que le Zouille de 1986 ?

1986 était une année importante pour le genre. 

Queensrÿche sortait Rage for Order, Iron Maiden séduisait avec Somewhere in Time.

Le Heavy Metal commençait à explorer des terrains plus sophistiqués, plus progressifs, avec des productions et des compositions qui cherchaient à repousser certaines limites.

Sortilège quant à lui avait aussi sa propre identité.

Une identité française, avec ses propres codes, ses propres textes et cette capacité à nous entraîner dans l’univers de l’album. 

Seulement, à cette période, le business et les médias n’avaient peut-être pas encore réellement compris la portée réelle de ces albums à part, pourtant fortement soutenus par les fans.

Mais en 2026, le groupe semble avoir choisi une autre approche, reprendre ses chansons avec de nouveaux membres et injecter dans le granit davantage de puissance.

Ce n’est donc pas une copie de 1986.

C’est une relecture.

Et plus j’écoute Larmes des Héros, plus je me dis que le « Zouille » d’aujourd’hui semble effectivement plus Heavy Metal que celui de 1986.

La Hargne des tordus

C’est sur cette nouvelle version que les guitares prennent immédiatement de la place et installent ce nouveau visage de l’album.

L’esprit de Sortilège est bien conservé, seulement la manière de le présenter a évolué.

Elle prépare immédiatement le fan à comprendre qu’il ne va pas simplement retrouver le 33 tours de 1986 avec un son plus propre, loin de là.. 

Commençons ! 

Chasse le dragon

Cette chanson a suffisamment de personnalité pour supporter cette nouvelle armure.

Le dernier des travaux d’Hercule

Sortilège et la mythologie, impossible de ne pas penser au parcours du groupe lui-même.

Quand un aveugle rêve

Cette part d’imaginaire, de mystère et de poésie.

La chanson cache encore bien des secrets.. 

Mourir pour une princesse

Le héros, la princesse, le sacrifice…

Le morceau semble gagner en force, en impact, seulement l’épée semble plus lourde.

La montagne qui saigne

Pour moi, ce titre apporte quelque chose de beaucoup plus sombre à Larmes des Héros, la guerre, la mort, la famille et le poids des décisions que d’autres prennent parfois à notre place. 

Marchand d’hommes

Les paroles de Christian Augustin ont toujours su parler de l’homme et de ses dérives.

Messager

Celui qui arrive après les combats pour transmettre une parole, une nouvelle, peut-être même un avertissement.

La huitième couleur de l’arc-en-ciel

Et pour terminer, Sortilège nous laisse avec un mystère.

La huitième couleur…

Celle que l’on ne voit pas.

Celle que l’on imagine.

Alors, que retenir de Larmes des Héros ?

Tout d’abord chacun arrive avec ses propres souvenirs de 1986.

Certains retrouveront immédiatement leurs repères.

D’autres, comme moi lors des premières écoutes, auront besoin d’un peu de temps.

Mais c’est aussi cela, le principe d’une nouvelle version.

Elle ne doit pas obligatoirement remplacer nos souvenirs.

Elle doit nous proposer une autre manière de regarder les chansons.

L’album original a son identité, son histoire et une place particulière dans nos cœurs.

Je trouve que cette nouvelle version est intéressante et surtout très travaillée. 

Parce qu’à l’écoute de cet album, la réponse semble être évidente.

Le temps n’a pas adouci Sortilège.

Il lui a donné une nouvelle force.

Et au fond ?

Larmes des Héros a-t-il ouvert une nouvelle porte ?

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