🟠 [Chronique] Accept – Teutonic Titans 1976 – 2026 (2026) par le Doc. 🟠  

4.7
(90)

Cinquante ans.

Lorsque Accept voit le jour en 1976, personne ne peut évidemment imaginer que cette formation allemande deviendra l’une des pierres angulaires du heavy metal européen. Un demi-siècle plus tard, Wolf Hoffmann est toujours là, guitare en main, et l’influence d’Accept se retrouve partout : dans le heavy traditionnel, le speed metal, le power metal et même une partie du thrash.

Pour célébrer cet anniversaire, le groupe aurait pu choisir la facilité avec une nouvelle compilation regroupant « Fast As A Shark », « Metal Heart », « Balls To The Wall » et les autres classiques.

Heureusement, Teutonic Titans 1976-2026 est beaucoup plus ambitieux.

Accept a entièrement revisité 19 morceaux de son catalogue historique, essentiellement issus de sa première grande période allant de I’m A Rebel à Eat The Heat, en invitant près de 50 musiciens issus de plusieurs générations du metal. Autour de Wolf Hoffmann et de l’univers Accept défilent ainsi Rob Halford, Kirk Hammett, Phil Anselmo, Tobias Forge, K.K. Downing, Hansi Kürsch, Chuck Billy, Gary Holt, Billy Sheehan, Joe Lynn Turner, John Bush, Jeff Scott Soto, Sebastian Bach, Ralf Scheepers ou encore Jeff Loomis.

Rien que ça. Et dès « Fast As A Shark », la fête devient impressionnante. Ce morceau de 1982 appartient à l’histoire du speed metal et il fallait une sacrée équipe pour oser le reprendre. Accept réunit ici Phil Anselmo, Kirk Hammett, Billy Sheehan et Mikkey Dee, sans oublier l’Harmonie Musik Hindelang. L’objectif n’est pas de remplacer l’original — mission pratiquement impossible — mais de montrer à quel point ce titre possède encore aujourd’hui une violence et une modernité incroyables.

Puis arrive le monument. « Balls To The Wall » avec Rob Halford. Rien que l’association paraît évidente. Le Metal God de Judas Priest pose sa voix sur l’un des riffs les plus célèbres d’Accept tandis que Matthias Jabs de Scorpions rejoint Wolf Hoffmann aux guitares. Rex Brown tient la basse et Jason Bowld la batterie. Une véritable réunion au sommet du heavy metal.

Le casting devient presque vertigineux avec « Aiming High ». Cette fois, Chuck Billy de Testament prend le micro, accompagné de Gary Holt, David Ellefson et Christopher Williams. Le morceau gagne naturellement une couleur plus thrash, rappelant au passage combien Accept a influencé la génération américaine qui allait durcir considérablement le metal durant les années 80.

Autre très belle surprise : « Metal Heart ». Accept confie cette pièce maîtresse de son catalogue à Dino Jelusick, accompagné notamment de Joel Hoekstra. La puissance du chanteur convient parfaitement à la dimension épique du morceau et démontre également que ces compositions peuvent vivre avec des voix très différentes.

La rencontre avec Hansi Kürsch sur « Losers And Winners » fonctionne sur le même principe. Avec Paul Gilbert, Chuck Garric et l’immense Tommy Aldridge, Accept crée un pont entre heavy allemand, power metal et hard rock.

Mais l’un des choix les plus intrigants reste probablement « Save Us ». C’est Tobias Forge, maître à penser de Ghost, qui prend ici le micro, accompagné de Frank Bello d’Anthrax et Ray Luzier de Korn. Trois univers très différents qui se rencontrent autour d’une composition provenant de I’m A Rebel. Voilà exactement ce qui rend cette compilation intéressante : chaque morceau possède son propre casting et donc une personnalité différente.

La suite ressemble parfois à la liste des invités d’un festival imaginaire. John Bush, Alex Skolnick, Rudy Sarzo et Shannon Larkin s’emparent de « Up To The Limit ». Ralf Scheepers, John Norum et Ken Mary revisitent « Wrong Is Right ». Bobby “Blitz” Ellsworth d’Overkill retrouve Andy Sneap, David Ellefson et Ray Luzier sur « Demon’s Night »

Et lorsqu’arrive « T.V. War », c’est Joe Lynn Turner qui prend le micro avec Fredrik Åkesson d’Opeth, Rudy Sarzo et Ken Mary.Voilà une combinaison que l’on n’aurait probablement jamais imaginée il y a encore quelques années.La dernière partie réserve encore quelques belles cartouches. Sebastian Bach attaque « London Leatherboys », tandis que Jeff Scott Soto et Jeff Loomis se retrouvent sur « Monsterman ».

Et pour terminer ? « Restless And Wild ». Accept réunit Chris Jericho, K.K. Downing, Billy Sheehan et Ray Luzier pour refermer cette gigantesque célébration. Là encore, les générations se mélangent autour d’un morceau qui reste fondamental dans l’évolution du heavy metal européen.

Il faut néanmoins être clair : Teutonic Titans 1976-2026 ne remplace absolument pas les versions originales. Et ce n’est pas son rôle. Udo Dirkschneider restera à jamais associé aux versions historiques de « Fast As A Shark », « Balls To The Wall », « Metal Heart » ou « Restless And Wild ». Sa voix faisait partie intégrante de l’identité de ces chansons. 

Cette collection doit donc être considérée autrement : comme une gigantesque célébration de l’héritage d’Accept.

Et sous cet angle, elle devient passionnante. Entendre autant de musiciens venus du heavy, du thrash, du hard rock, du power metal et même de générations beaucoup plus récentes accepter de venir rendre hommage à ces compositions démontre surtout l’influence considérable qu’Accept a exercée sur le metal mondial.

Au centre de tout cela reste évidemment Wolf Hoffmann. Seul membre encore présent depuis les premières années, le guitariste demeure l’architecte du son Accept. Ses riffs, ses mélodies inspirées de la musique classique et ce son de guitare immédiatement reconnaissable constituent le fil conducteur indispensable entre toutes ces personnalités.

Le Accept actuel n’est d’ailleurs pas oublié. Mark Tornillo, Martin Motnik et Christopher Williams appartiennent toujours à l’histoire contemporaine du groupe, tandis que certains musiciens de la formation participent directement à ces nouvelles versions.

Teutonic Titans 1976-2026 fonctionne donc à plusieurs niveaux. 

Pour le fan historique, c’est un formidable jeu de comparaison. Pour les collectionneurs, le casting est presque irrésistible. Et pour ceux qui découvriraient Accept par cette porte d’entrée, c’est surtout la démonstration qu’un nombre impressionnant de standards du heavy metal portent encore aujourd’hui l’empreinte du groupe allemand.

Cinquante ans après ses débuts, Accept n’a finalement plus grand-chose à prouver.

De Breaker à Restless And Wild, de Balls To The Wall à Metal Heart, Wolf Hoffmann et ses compagnons ont contribué à définir ce que devait être le heavy metal européen : des riffs énormes, des refrains fédérateurs, de la puissance et cette sensation permanente que la musique a été construite pour être jouée très fort.

Teutonic Titans n’est donc pas vraiment un best-of. C’est un hommage. Un gigantesque rassemblement de musiciens venus remercier l’un des groupes qui leur a montré le chemin.

Et lorsqu’on voit Rob Halford, Kirk Hammett, K.K. Downing, Gary Holt, Hansi Kürsch, Tobias Forge, Billy Sheehan, Joe Lynn Turner, Sebastian Bach, Jeff Scott Soto ou John Bush répondre présent, une conclusion s’impose : Accept n’est plus seulement un groupe allemand.  Accept appartient désormais à l’histoire du Heavy Metal.

 


Découvrir l’album:

À écouter en priorité : Fast As A Shark avec Phil Anselmo, Kirk Hammett, Billy Sheehan et Mikkey Dee ; Balls To The Wall avec Rob Halford et Matthias Jabs ; Aiming High avec Chuck Billy et Gary Holt ; Metal Heart avec Dino Jelusick et Joel Hoekstra ; Save Us avec Tobias Forge ; et Restless And Wild avec Chris Jericho et K.K. Downing.

01 – Fast as a Shark (feat. Phil Anselmo, Kirk Hammett, Billy Sheehan, Mikkey Dee,)
02 – Balls to the Wall (feat. Rob Halford, Matthias Jabs, Rex Brown, Jason Bowld)
03 – Aiming High (feat. Chuck Billy, Gary Holt, David Ellefson, Christopher Williams)
04 – Run If You Can (feat. Todd La Torre, Ola Englund, Chuck Garric, Roy Mayorga)
05 – Hellhammer (feat. Jason McMaster, Zeuss, Phil Shouse, Christopher Williams)
06 – Metal Heart (feat. Dino Jelusick, Joel Hoekstra, Ava Rebekah Rahman, Jason Bowld)
07 – Losers and Winners (feat. Hansi Kürsch, Paul Gilbert, Chuck Garric, Tommy Aldridge)
08 – Save Us (feat. Tobias Forge, Frank Bello, Ray Luzier)
09 – Up to the Limit (feat. John Bush, Alex Skolnick, Rudy Sarzo, Shannon Larkin)
10 – Wrong is Right (feat. Ralf Scheepers, John Norum, Ken Mary)
11 – Starlight (feat. Joseph Michael, Phil Demmel, Michael Cartellone)
12 – Fight It Back (feat. Mark Lopes, Bumblefoot, Billy Sheehan, Shawn Drover)
13 – Love Child (feat. Billy Corgan, David Ellefson, Tommy Aldridge)
14 – Breaker (feat. Girish Pradhan, Glen Drover, Shawn Drover, Chuck Garric)
15 – Demon’s Night (feat. Bobby Blitz, Andy Sneap, David Ellefson, Ray Luzier)
16 – T.V. War (feat. Joe Lynn Turner, Fredrik Åkesson, Rudy Sarzo, Ken Mary)
17 – London Leatherboys (feat. Sebastian Bach, Rex Brown, Shawn Drover)
18 – Monsterman (feat. Jeff Scott Soto, Jeff Loomis, Rudy Sarzo, Michael Cartellone)
19 – Restless and Wild (feat. Chris Jericho, K. K. Downing, Billy Sheehan, Ray Luzier)

Note 16/20

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Doc Olivier


Doc Olivier
Animateur
A propos: Olivier est le créateur de la radio vinylestimes et anime l'émission Last Ride le Dimanche à 18 Heures.
Président de l'association vinylestimes
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