Album : Don’t Break The Oath
Artiste : Mercyful Fate
Sortie : 7 septembre 1984
Sorti en 1984, Don’t Break The Oath est le deuxième album de Mercyful Fate et demeure, plus de quarante ans plus tard, l’une des pierres angulaires du heavy metal occulte.
Après l’excellent Melissa, les Danois vont encore plus loin : plus sombres, plus théâtraux, plus complexes et surtout dotés d’une identité que personne d’autre ne possède vraiment à cette époque.
Au centre de cette étrange cérémonie se trouve évidemment King Diamond. Son falsetto spectaculaire, ses changements de registre et son interprétation presque théâtrale peuvent déconcerter lors d’une première écoute.
Mais impossible d’imaginer Mercyful Fate autrement. Autour de lui, le tandem de guitaristes Hank Shermann / Michael Denner fait des merveilles, alternant riffs tranchants, harmonies et solos avec une classe impressionnante.
Dès « A Dangerous Meeting », l’atmosphère est posée. Les guitares installent une tension permanente avant que King Diamond ne transforme le morceau en véritable petit film d’horreur.
« Nightmare » poursuit dans cette direction avec une construction plus sinueuse, tandis que « Desecration Of Souls » rappelle combien Mercyful Fate pouvait être lourd sans avoir besoin de jouer à une vitesse démesurée.
Et puis il y a « The Oath ». Plus de sept minutes d’un heavy metal sombre, épique et inquiétant qui résume presque à lui seul l’univers du groupe. King Diamond pousse son interprétation très loin tandis que Shermann et Denner multiplient les changements de climat. Un monument.
« Gypsy » apporte une accroche plus immédiate et fait partie des titres les plus accessibles du disque, avant que « Welcome Princess Of Hell » ne replonge l’auditeur dans les ténèbres.
Mais la dernière partie est peut-être encore plus impressionnante avec l’enchaînement « To One Far Away » et surtout « Come To The Sabbath », devenu l’un des hymnes absolus de Mercyful Fate.
Don’t Break The Oath n’a pratiquement rien perdu de sa puissance. Sa production appartient évidemment aux années 80, mais ses compositions restent incroyablement vivantes et surtout étonnamment aventureuses.
On comprend également pourquoi l’album exercera une telle influence sur les générations suivantes. Metallica, notamment, n’a jamais caché son admiration pour Mercyful Fate, et une partie du thrash, du black metal et du metal extrême trouvera dans ces morceaux une source d’inspiration considérable.
Mais réduire Don’t Break The Oath à son influence serait presque lui faire injure.
C’est avant tout un immense disque de heavy metal, porté par deux guitaristes exceptionnels et par l’une des voix les plus singulières de l’histoire du genre.
Quarante ans plus tard, le conseil reste donc valable : ne brisez surtout pas le serment.
Stay Tuned
Doc Olivier
